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Chaque mois, l'essentiel de l'actualité du droit et de la gestion de la création artistique
  
XVIII
Quelques propositions de solution


Les situations dénoncées dans cet ouvrage et les questions soulevées ne peuvent rester encore longtemps sans réponse. Cet essai a pour but de faire réagir les professionnels, les institutions et les politiques, afin de permettre de repenser les choses sans aucun tabou. Il m’a donc semblé utile de suggérer quelques pistes de réflexion afin d’alimenter le débat.

Tous les problèmes n’ont pas forcément des solutions, mais nous pensons au moins avoir compris leur origine. Ce chapitre n’est donc pas un programme, mais un catalogue non exhaustif, certains points pouvant d’ailleurs être contradictoires.

1°) Première tâche, rétablir l’État de droit


La plupart des problèmes actuels ont pour origine l’abandon du principe de légalité dans le domaine culturel. En effet, si nous pensons qu’il doit exister une exception culturelle , celle-ci ne peut prospérer que dans le cadre des lois de la République.

Il conviendrait d’abord de supprimer le ministère de la culture et de créer un véritable ministère des affaires culturelles. Il ne s’agit pas uniquement d’une question de sémantique, mais d’un point fondamental qui devrait avoir d’amples conséquences dans tous les secteurs culturels.

Il conviendrait également de créer des inspecteurs de la culture chargés de surveiller la conformité des entreprises culturelles, le respect du droit du travail et des droits d’auteur, de veiller à des règles de concurrence loyale entre les entreprises des secteurs culturels, qui ne soient pas des artistes et qui, surtout, ne se mêlent pas d’artistique .

Il faudrait interdire aux fonctionnaires du ministère de la culture et des autres ministères intervenant dans ce domaine une quelconque activité artistique, y compris d’auteur, et modifier le Code de la fonction publique en ce sens.

2°) Supprimer toutes les associations illégales figurant dans les organigrammes du ministère


Il conviendrait d’étudier leur niveau d’utilité. Elles pourraient soit être intégrées dans l’administration, soit supprimées. Si l’État ne désire pas intégrer certaines de ses actions au sein de son administration, il peut en confier la gestion à des entreprises privées par voix de délégation de services publics. Cela concerne notamment les activités répondant à un réel besoin social lié à une carence passagère du privé ou au rôle d’émulation de l’État face à de nouvelles technologies. Les responsables des associations existantes devraient être poursuivis et en tout cas ne pas avoir le droit de postuler à ces appels d’offres.

On nous objectera que cela créera des chômeurs. Quand on démantèle un réseau de trafiquants de drogue, on ne se pose pas la question du sort du personnel. Si l’on ne veut pas diminuer le budget de l’État, les fonds pourront d’ailleurs être dépensés de façon plus utile, par exemple pour financer une baisse massive des charges sociales des entreprises des secteurs de la création artistique. La libéralisation du marché devrait permettre son expansion.

3°) Interdire au ministère des affaires culturelles toute activité de production (dans tous les domaines, directe ou indirecte par contrôle d'entreprises tierce).

Il conviendrait également de supprimer toutes les cellules de production du ministère de la culture et de ses annexes. Ce n’est pas le rôle du ministère de la culture de produire des disques, des cédéroms, des livres. Cela fait largement concurrence au secteur privé. Le ministère peut organiser des concours publics, commander des produits, mais ne pas les produire directement.
Le ministère ne saurait se positionner en concurrent des acteurs du secteur, (il faudrait réserver cette activité à quelques lieux de recherche, voire même les déléguer à l’université).

Il conviendrait également de respecter et de faire respecter les règles relatives aux marchés publics.

Il conviendrait de créer une véritable direction de la propriété intellectuelle, chargée de faire respecter le droit d’auteur et de contrôler efficacement les sociétés civiles de gestion des droits intervenant sur le territoire français.
Il faudrait vérifier que les aides des sociétés civiles ne servent pas à subventionner des entreprises illégales, comme c’est trop souvent le cas actuellement.

Il conviendrait de massivement diminuer toutes les aides directes sélectives et de renforcer les aides économique indirectes (baisse massive des charges sociales dans les secteurs du spectacle). Il conviendrait d’élaborer un système de protection sociale permettant aux artistes d’avoir une couverture sociale en début de carrière.

4°) Application des réglementations et harmonisations européennes

Le ministère des affaires culturelles doit se donner les moyens de faire appliquer la réglementation sociale et économique existante afin de rétablir des règles de concurrence loyale entre les entreprises et rétablir les lois du marché. Tout le monde sait que de très nombreuses entreprises ont systématiquement recours au travail dissimulé. Il faut pallier à cet état de faits.

Si l’on contrôlait sérieusement les entreprises, il serait possible d’abolir la présomption de salariat de l’article L. 762-1 du Code du travail et de permettre aux artistes d’avoir la qualité de travailleur indépendant. L’on pourrait créer un mécanisme d’assurances sociales permettant aux artistes qui se dirigent vers une carrière professionnelle d’être socialement couverts. Il faut très sérieusement assouplir la réglementation sur le spectacle amateur. Cela n’est possible que si l’on contrôle sérieusement les entreprises du spectacle (associations comprises). Le retour à l’État de droit devrait de toute façon énormément diminuer le nombre d’associations intervenant dans le secteur culturel, seules devraient rester les entreprises qui sont réellement animées d’un esprit associatif.

Cette réflexion n’est concevable que dans un cadre européen. Il faut en effet rétablir une concurrence loyale entre la France et nos concurrents européens qui ont nettement moins de contraintes que nous.

Si l’on veut se donner les moyens de contrôler réellement les entreprises, il n’est pas très difficile pour un artiste d’avoir les cachets lui permettant d’avoir accès à un système du type ASSEDIC qui serait géré non par les ASSEDIC mais par le ministère de la culture, ou dont la gestion serait confiée après appel d’offres à une entreprise privée.

5°) Meilleure utilisation et contrôle des aides financières

Il conviendrait de renforcer les moyens financiers et de permettre aux entreprises des secteurs de la création artistique un accès au crédit. Il faut développer les institutions comme l’IFCIC , mais en les rendant totalement indépendantes du ministère de la culture dans le choix de leurs interventions.

Il conviendrait également de donner compétence à un ministère des affaires culturelles pour contrôler la manière dont sont utilisés les crédits affectés aux dépenses culturelles des autres ministères, comme cela existe déjà en matière de cinéma, le CNC ayant compétence pour intervenir dans les interventions audiovisuelles de l’ensemble des administrations.

Il convient également que le ministère des affaires culturelles contrôle la façon dont les communes interviennent dans le domaine culturel (respect des règles relatives aux marchés publics dans le domaine culturel, mise en concurrence réelle, non discrimination des politiques culturelles des communes, respect du principe de légalité par les communes). Il devrait surtout être nécessaire que le ministère informe sérieusement les collectivités locales au lieu de les désinformer comme cela est le cas actuellement.

Il convient de privatiser l’ensemble des centres de documentation au moyen de délégations de service public ouverts à la concurrence et de les rendre indépendants à la fois des syndicats et des organismes professionnels, afin de rétablir un esprit critique dans la culture. Ces centres pourront d’ailleurs être subventionnés, mais coûteront ainsi nettement moins cher au budget de l’État.

6°) Subventionner les lieux et les producteurs et cesser de subventionner les artistes

Mise en place de mécanismes d'aide automatique de l'État à la diffusion et à l'implantation d’artistes et de créateurs sur des critères techniques et financiers.

Redistribution des aides de l'État aux diffuseurs sur des critères objectifs. Ce mécanisme permettrait de diffuser le soutien financier de l'État en multipliant les centres de décision et les critères objectifs d'intervention, en supprimant donc la primauté des commissions nationales et les risques d'émergence d'une culture d'État. De tels dispositifs permettraient de responsabiliser les créateurs en donnant une prime à la diffusion.

De plus, les artistes ont rarement de compétence en matière de gestion. On les force à être chef d’entreprise, on les oblige à présenter un nombre déterminé de créations chaque année. Cela est très souvent incompatible avec le principe de liberté dans l’art. Un créateur ne peut pas forcément être génial à tous les coups et une fois tous les six mois. Il faut cesser d’obliger les créateurs à créer leur entreprise et revaloriser la fonction de producteur en développant une politique volontariste de formation aux métiers de la production artistique.
Subventionner les lieux permet également de multiplier les décideurs. Il faut faire respecter le droit de la concurrence dans les secteurs de la création artistique, lutter contre les ententes et les réseaux illégaux et faire appliquer l’interdiction des ventes forcée et des ventes liées.

7°) Il faut accepter de payer les produits culturels à leur prix réel

Il faut réfléchir à des prix minimums en matière de spectacles qui seraient, par exemple, fonction du nombre d’artistes et de techniciens et du type de spectacle. Il faut en effet rétablir la vérité des prix afin que les ensembles artistiques puissent payer leurs répétitions et vivre décemment. Cette politique doit être élaborée au niveau européen. Il convient d’appliquer et de faire appliquer la réglementation existante sur les ventes à perte et éventuellement la développer afin de l’adapter aux secteurs de la création artistique.

Le ministère des affaires culturelles devrait également soumettre les aides à la création de salles de spectacle à la présentation de budgets prévisionnels et d’engagements de financement prévoyant des budgets artistiques. Il est en effet courant de voir des collectivités locales dépenser des sommes colossales pour l’édification de salles de spectacles en oubliant qu’il faut aussi payer les artistes et que mettre un équipement somptueux à leur disposition n’est pas forcément suffisant pour les faire manger.

8°) Inverser les mécanismes d’intervention

Il devrait être possible de créer des chèques théâtre, danse, musique, cinéma, littérature, musée, arts plastiques, etc. pour les jeunes de tous les milieux afin de leur laisser le choix et de faire jouer la concurrence. Ces chèques pourraient être distribués dans le cadre scolaire et universitaire. Certaines communes ou régions ont déjà mis en place de tels systèmes. Cela ne nécessite pas un gros budget de fonctionnement. Les chèques doivent en revanche pouvoir être dépensés en toute liberté pour aller voir un spectacle ou acheter un produit culturel. Ils doivent bien sûr être incessibles hors le cadre prévu. Cela permettrait réellement de démocratiser l’accès à la culture. Le ministère de la culture a déjà créé des “chèques culture”, mais on ne peut les dépenser que dans des lieux agréés par le ministère de la culture. Il faut supprimer toute idée d’agrément non fixé sur des critères totalement objectifs et économiques.

Pourquoi ne pas créer une aide aux artistes plasticiens qui inciterait le grand public à acquérir des oeuvres. Pour chaque œuvre achetée à un artiste plasticien européen vivant, l’État vous en rembourserait ou en paierait la moitié, ou vous en offrirait une seconde du même montant (dans la limite d’un plafond financier). Cela permettrait au passage de recenser les artistes et de veiller à la régularité des paiements qui leur seraient faits.

Remettre en place des mécanismes automatiques d’aide aux entreprises. Par exemple, l’État double la mise. Pour chaque apport d’un mécène à un projet artistique, donner l’équivalent ou la moitié du don du mécène.

L’État pourrait accorder une subvention proportionnelle au nombre de spectacles ou de représentations vendues l’année précédente, ou en fonction du nombre d’entrées payantes.

Il faudrait permettre la mise en place de systèmes permettant de connaître les résultats des spectacles en termes d’entrées payantes (qu’il s’agisse du public ou du privé).

Le ministère de la culture avait mis en place un mécanisme de ce type par l’intermédiaire du conseil supérieur du mécénat, mais les aides n’étaient absolument pas automatiques et bénéficiaient aux projets qui avaient déjà par ailleurs le label ministère de la culture et donc déjà subventionnés à ce titre.

9°) Rétablir la liberté de l’enseignement artistique et contrôler les écoles


Il faut également contrôler les formations à la production artistique. Elles sont la plupart du temps d’un niveau très moyen ; Instaurer également un contrôle sur les appellations utilisées et la publicité faite par ces écoles.
Il faut contrôler la manière dont sont utilisés, dans les secteurs artistiques, les fonds en provenance de la formation professionnelle et faire le ménage dans les statuts des structures d’enseignement mises en place par le ministère de la culture depuis vingt ans.

Il faut abroger l’ensemble des diplômes artistiques obligatoires. Il convient de mettre en place des diplômes d’État non obligatoires de différents niveaux permettant ainsi aux professionnels de s’améliorer tout au long de leur carrière et au public de choisir. Les éventuels diplômes obligatoires ne devraient en aucun cas reposer sur des critères artistiques, y compris de technique artistique ou de culture générale, mais uniquement sur la possession de techniques indispensables à la non dangerosité (ainsi pour la danse : pédagogie, secourisme, connaissance du corps humain et de son fonctionnement, gestion et réglementation)

Il faudrait réellement contrôler les écoles, veiller au respect du droit du travail, de la fiscalité, des conditions d’hygiène et de sécurité, des conditions générales de prestations de service sans se mêler d’artistique. Cela permettrait ainsi une concurrence loyale entre les écoles et au public de choisir l’enseignement artistique qu’il désire en toute sérénité et dans la transparence, que cela soit dans le secteur privé ou public.

10°) Reconnaître l’exception culturelle.

Ainsi en matière de " travail dissimulé " (ex-travail au noir), il convient de faire une différence entre l’exercice d’une activité culturelle et les autres activités. En effet, quand on fabrique des tee-shirts de façon clandestine, il est loisible de louer une cave ou un entrepôt et de faire travailler des gens en cachette. En matière de musique, il est beaucoup plus difficile d’organiser des spectacles clandestins et d’en assurer la promotion afin que les journalistes et les professionnels se déplacent. Personne n’a jamais produit un groupe rock sans l’avoir préalablement vu sur scène. Le début de carrière des artistes se fait donc forcément dans un cadre précaire de non salariat. Tous les réalisateurs ont réalisé leur premier court métrage grâce au concours bénévole de leurs amis. Il en est de même des premiers spectacles de danse ou de théâtre.

Il convient donc de repenser la notion de bénévolat professionnel dans le domaine artistique et de la distinguer du travail artistique amateur, d’établir des règles juridiques compatibles avec le démarrage de carrière en veillant à ce qu’elles soient les plus souples possibles et correspondant à la réalité. Les carrières artistiques doivent rester totalement ouvertes.

Pourtant la réglementation sur le travail clandestin est plus sévère en matière de spectacle qu’en matière de confection. En effet, il existe une présomption de salariat dans le domaine du spectacle qui exclut tout bénévolat pour les artistes. Ainsi, même dans le cadre d’un spectacle d’école, par exemple de fin d’année, l’enfant pourrait attaquer son professeur devant les prud’hommes et faire requalifier sa relation de travail en contrat de travail à durée indéterminée. Si l’on raisonnait à l’américaine, bonjour les procès !

L’exception culturelle, c’est également reconnaître l’absence de syndicalisation sérieuse de nombreux secteurs artistiques et donc déroger aux règles générales du droit du travail qui permettent à des permanents de certains syndicats, n’ayant qu’un lien lointain avec le secteur artistique, d’imposer des règles juridiquement applicables à tous dans un intérêt corporatiste. Il convient donc de réfléchir à une remise à plat des règles de représentation et de concertation, et ce ne sont pas les représentants actuels des syndicats dits " représentatifs " qui accepteront ce débat.

11°) Mettre en place des dispositifs sérieux d’allégement de charges sociales.

Il convient de rappeler que chaque fois que le gouvernement met en place des mécanismes d’exonération de charges sociales et que les journalistes s’en font largement l’écho, il y a systématiquement mystification. On a ainsi l’impression que l’on fait de grands cadeaux au patronat alors que les exonérations " totales " de charges ne concernent que les charges sociales patronales dues à l’URSSAF. Cela ne représente que moins de la moitié des charges sociales dont doivent s’acquitter les entreprises (reste la retraite complémentaire, le chômage, la formation professionnelle).

Afin d'aider les jeunes créateurs à respecter leurs obligations sociales, il nous semble indispensable de prendre des mesures qui adaptent le coût de ces obligations pour les créateurs indépendants. Il nous semble nécessaire de mettre en place des mesures d'incitation à l'embauche pour les entreprises culturelles. C'est l'État qui paierait aux organismes sociaux le coût de ces limitations de charges.

La principale des mesures d'incitation au respect du droit social pourrait donc consister en une exonération de charges sociales pour des productions répondant à certains critères techniques.

12°) Produits de défiscalisation

Il conviendrait d'étudier la possibilité d'élaboration de produits de défiscalisation permettant à des personnes privées ou des sociétés d'aider les entreprises des secteurs de la création artistique.

Dans le cinéma et dans l'audiovisuel, les SOFICA permettent à des particuliers de participer à des productions cinématographiques grâce à des avantages fiscaux spécifiques aux investissements, même faibles, engagés dans la production audiovisuelle.

Concrètement, un créateur pourrait ainsi démarcher ses connaissances ou des petits commerçants qui pourraient déduire de leurs impôts les sommes versées sur des spectacles de compagnies indépendantes. Cette mesure imposerait de mettre en place des critères techniques objectifs d'agrément des compagnies, leur permettant de récolter des fonds en déduction des impôts. Ce mécanisme a déjà été utilisé pour financer des œuvres caritatives (Amendement Coluche pour le financement des " Restaurants du Cœur ").

13°) Soumettre toutes les aides à une vérification du respect des droits des artistes et des auteurs.

Il est par exemple notoire que les artistes du disque ne sont qu’exceptionnellement payés lors de la réalisation du visuel des vidéomusiques ou que les entreprises de production audiovisuelle ne paient pas souvent les artistes du spectacle vivant lorsqu’ils filment les spectacles. Il faut bien entendu que les règles soit uniformisées au niveau européen afin de ne pas défavoriser la production nationale.

Devraient également être joints au dossier financier les contrats des auteurs afin de vérifier que l'entreprise a bien acquis les droits nécessaires à la réalisation de son projet ainsi que les contrats des artistes principaux. Ce contrôle devrait ainsi permettre une professionnalisation des compagnies. Sous réserve que le Fonds de soutien puisse aiguiller les compagnies sur des structures de conseil à même de les aider à cette professionnalisation. Le Fonds de soutien pourrait ainsi donner à chaque compagnie, pour les spectacles relevant d’une certaine catégorie, un chèque assistance gestion, mécanisme existant pour les créateurs d'entreprises.

Il conviendrait d'étudier les possibilités d'élargir les mécanismes de Fonds de soutien déjà existants (il existe déjà un Fonds de soutien à la chanson, aux variétés et au jazz et un Fonds de soutien au théâtre privé), afin de ne pas créer de structures nouvelles non indispensables et de n’autoriser que les soutiens automatiques, afin de donner le moins possible prise aux passes-droits.

14°) Multiplication des centres de décision

Il faut développer les pouvoirs des régions et des communes. En effet, le caractère centralisateur de l'État français favorise les cultures d'État.
En transférant ce pouvoir de décision dans le domaine culturel, qui contient par essence une forte dose d'arbitraire, aux collectivités territoriales, on multiplie les réseaux de relations et on diminue d'autant le risque d'exclusion de tendances culturelles entières.

Les créateurs ne seraient donc pas exclus du seul fait qu'il déplaisent à une commission nationale qui n'a souvent même pas vu leur travail.

15°) Existence et contrôle des sociétés d’auteurs

Le ministère de la culture ne doit pas favoriser l’existence de telle ou telle société d’auteurs, mais laisser place à la libre concurrence.
Exemple : la ministre de la culture inaugure le Marché international du multimédia en déclarant que son ministère soutient SESAM, la seule société d’auteurs du multimédia, alors qu’une autre société d’auteurs française (GRACE) était également présente.

En revanche, le ministère devrait plutôt surveiller la gestion de ces sociétés d’auteurs, d’artistes et de producteurs. Il est en effet navrant que ce soit sur intervention du ministre des finances et non de la culture que le président de l’ADAMI, (société des artistes gérée par le SFA-CGT) fasse l’objet d‘une inculpation.

Etc...
Ces quelques idées de bon sens sont jetées en pâture à qui voudra relever et accepter d’en débattre.

 

© Nodula - Roland LIENHARDT - 1998

 
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